Bonjour à toutes et tous,
Je suis touché par les marques d'encouragement et d'affection que vous nous témoignez, à ma pauvre Bidouille et à moi-même. Je vous en remercie toutes et tous, très chaleureusement. Je sais que son âme y a été et y sera toujours sensible...
Qui pourrait mieux comprendre que vous ce que peut être la particularité des liens qui nous unissent à nos compagnons ? Pas grand monde car je pense que seule l'expérience d'une relation aux animaux peut nous en donner une certaine connaisance et donc une certaine sensibilité.
Il est clair que sans cette malheureuse histoire, je n'aurais jamais imaginé que de tels drames pouvaient être possibles, j'étais loin de me douter que de nombreux animaux sont régulièrement perdus lors de leur transport aérien. Mais j'étais également loin de me douter des combats menés par certaines personnes et de l'énergie qu'elles déploient au quotidien pour tenter d'améliorer les conditions de transport de nos animaux familliers, ou tout simplement pour tenter de retrouver l'un deux...
Je suis donc autant touché par la mort injuste et froide de ma pauvre Bidouille que par l'humanité et l'aide déployées pour l'éviter... C'est le paradoxe humain : autant de lumière que de sombre, éternelle histoire d'équilibre...
Je vais vous confier une chose, peut-être la comprendrez-vous : il y a un mois environ, j'étais dans mon lit, à Montréal, et je m'aperçu au réveil que mon épaule était très nettement griffée, 4 ou 5 traces parallèles... Je me suis dit : c'est quand même incroyable de pouvoir se faire de telles marques en dormant ! J'ai même soupçonné une amie qui occupait la chambre face à la mienne, d'être venue dans mon lit pour me griffer... Et puis tout à coup, j'ai réalisé... J'étais arrivé à un moment où j'étais fâtigué de lutter, usant mon énergie entre mes démarches administratives de nouvel immigrant canadien et mes échanges avec Air Transat... J'étais un peu démoralisé et je commençais à me faire à l'idée que Bidouille avait disparu... Alors je me suis dit : c'est elle, c'est Bidouille, c'est elle qui m'appelle à l'aide et qui a besoin de moi. A partir de ce moment là, j'ai demandé à Air Transat de mettre à ma disposition un billet d'avion et j'ai intensifié mes communications et recherches...
Alors, peu importe d'où sont venues ces griffures, c'est à chacun d'y voir ce qu'il veut, mais ce fut pour moi le signe déclencheur d'un combat qui m'a finalement mené jusqu'à Bidouille.
Sachez que Bidouille sera incinérée, dans les prochains jours, et ses cendres me seront ramenées à Montréal, courant décembre. Je trouverai alors un joli endroit pour elle, dans le calme et la nature, proche de moi...
Merci encore pour votre soutien, je vais poursuivre le combat mené avec intelligence, courage et détermination par des personnes remarquables... Alors spéciale dédicace à Anita, Danièle, Cécilia et Jaqueline, sans oublier toutes celles et ceux, malheureux propriétaires, simples particuliers ou membres d'associations, personnels des compagnies aériennes ou de leurs sous-traitants, personnels d'ADP ou de leurs sous-traitants, personnels vétérinaires, membres de la gendarmerie ou de la Police Aux frontières et tous les autres que j'oublie...
Grâce à toi Bidouille :
je comprends aujourd'hui pourquoi les faibles ont besoin d'être aidé,
je sais aujourd'hui que les croyances tuent la vie,
je sais aujourd'hui que même si les humains ne sont que les parties de systèmes, les systèmes ne demeurent que de l'humain,
et je comprends, une fois de plus, que le chemin est peut-être parfois plus important que la destination...
Valérian |